14 juillet à Paris: dans les coulisses du défilé motorisé avec l’EMF3

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L'EMF3 s'occupe de tout de la nourriture au carburant Photo Caporal Remi Malard EMF3

Depuis le 8 juillet, l’état-major de force numéro 3 (EMF3) de Marseille, commandé par le général de division Philippe Pontiès,  prépare  le défilé motorisé sur le site militaire de Brétigny-Sur-Orge (91). L ’EMF3  se présentera en tête de ce défilé  sur l’avenue des Champs-Elysées. Ces répétitions impliquent près de 1200 militaires, dont environ 90 issus de l’EMF3.   Retour sur cette mission peu ordinaire qui montre tout le savoir faire de l'unité.

L'EMF3 de Marseille  s’est
mis en place en région parisienne progressivement dès mi juin pour
créer de toutes pièces un véritable village de campagne comme dans une
opération extérieure. Organisé sur le site militaire de Bretigny sur
Orge, ce lieu de vie a pour objectif de faire vivre ensemble une
communauté de 1 200 militaires venus de toute la France pour le défilé
motorisé .

 Autour de l’ancienne piste d’aviation dévolue aux répétitions, l'unité a
créé un village de tentes sous les hangars d’aviation, monté des
douches, des laveries, organisé la restauration quotidienne, installé
un pôle santé, mis en place du ravitaillement en carburant .

Pour le lieutenant-colonel Didier Rancher, cette installation "est la même que celle qui peut être réalisée  quand
l’armée de terre se déploie au Mali en quelques jours."

Côté répétitions,  ce sont 265 véhicules et 82 motos qui s’entraînent 4
fois par jour sur les anciennes
pistes du berceau de l’aviation militaire française, dont la
plus longue fait 2 170 mètres.


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Chaque répétition est filmée (Photo caporal Rémi Malard)   

Une répétition  "couturière"

Une tribune présidentielle
fictive a même été reconstituée par un camion plateau situé dans l’axe de piste permettant d’évaluer le défilé. 

 Le Général PONTIES, assisté d’officiers, de sous officiers et militaires du rang  de
l’EMF 3  a personnellement contrôlé les détails de la préparation qui font
la qualité de cette cérémonie militaire traditionnelle. Ainsi chaque
répétition a été  filmée afin de permettre une analyse à chaud immédiate avec
les participants.

Une répétition dite
« couturière »,  en tenue de défilé, suivie d’une répétition générale
devant toutes les autorités s’est effectuée ce 12 juillet avant
une journée de repos la veille du jour J.

300 militaires et une cinquantaine de réservistes

Installé au cœur de la cité phocéenne, l’état-major de force n°3 (EMF3) créé en juillet 1999 est un état-major opérationnel du niveau d’une division (capacité de commandement de 10.000 à 20.000 hommes) pouvant, à très court préavis, être sollicité en tout ou partie pour des opérations à l’étranger comme pour des missions sur le territoire national.
Commandé par le général de division Philippe Pontiès, il est composé de près de 300 militaires renforcés d’une cinquantaine de réservistes.
Il fait, avec l’EMF1 (Besançon), partie des deux états-majors divisionnaires de la force terrestre française.
Depuis sa création, l’EMF3 a été engagé sur des théâtres d’opérations variés : Balkans, Afrique, Moyen-Orient. Il a également contribué à de nombreuses opérations sur le sol national : G20 à Cannes, mise en alerte pour le plan NEPTUNE (crues de la Seine)…
En 2013, il est appelé à armer les états-majors des différentes opérations engagées au Mali.

De multiples compétences

L’EMF3 possède de multiples compétences. Il peut :
planifier et conduire des opérations interarmées d’une division OTAN (10.000 à 20.000 hommes) ;
assurer la mise sur pied d’un poste de commandement (PC) de force à dominante terrestre (5000 hommes) dans le cadre d’une opération de niveau national ;
armer un PC de circonstance dans le cadre de la défense du territoire national ;
renforcer un PC interarmées (national ou multinational) en opération.
Le savoir-faire de l’EMF3 se distingue également par :
sa disponibilité (conçu pour des missions opérationnelles, le système EMF est en mesure, par auto-relève, de répondre très rapidement à toute alerte) ; son expérience (il est en mesure de fournir très rapidement une compétence et un savoir-faire adaptés et dont les méthodes d’emploi sont éprouvées) ; sa modularité (son autonomie structurelle et fonctionnelle lui permet de ré-pondre aux besoins opérationnels avec des formats très variés) ; sa polyvalence (liée à sa modularité).
L’état-major fournit également des renforts individuels au sein des formations stationnées outre-mer et sur les théâtres d’opérations extérieures. A la pointe des évolutions doctrinales interarmées, il participe en outre à de nombreux exercices nationaux, multinationaux, de l’OTAN ou interarmées dans le cadre de sa préparation opérationnelle et de celle des états-majors des brigades des Forces Terrestres .

Le général Pontiès : transmetteur,  moniteur para, instructeur et communiquant 

Agé de 55 ans, le général de division Philippe Pontiès , est Saint-Cyrien de la promotion général Lassale qui a choisi les transmissions à sa sortie de l'école. Après sa formation à l'éocle des transmissions, il a opté pour le 14e Régiment parachutiste de commandement et de soutien (Toulouse Balma/Haute-Garonne) avec lequel il a participé à l’opération Manta au Tchad d’août à décembre 1983. Il a été ensuite instructeur à Coëtquidan pour les élèves de l’école militaire interarmes (promotions « Lieutenant Lhuiller » et « Dalat »)  et  les élèves du 3e bataillon de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr.

C'est au 14e RPCS qu'il a commandé la compagnie de transmissions parachutiste avant de rejoindre  l’état-major de la 5e division blindée de Landau (Allemagne) en qualité de rédacteur au bureau « opérations ». Après le Collège interarmées de défense (CID ou école de guerre) il a été affecté à l'EMA (État-major des armées)  en qualité de rédacteur au sein de la division « télécommunications, électronique, informatique » et a participé à la mission d’observation des Nations-Unies en Géorgie (MONUG) en qualité de commandant de secteur de septembre 1995 à mars 1996. Il est retourné à Coëtquidan comme commandant de bataillon à l’école spéciale militaire de Saint- Cyr (promotion « de la France combattante » 1997-2000) avant de commander le 48e Régiment de transmissions implanté à Agen (Lot-et-Garonne), unité engagée au Kosovo ( opération Trident). 

Il a ensuite été successivement été expert « systèmes d’information et de communication» à l’inspection de l’armée de Terre,  auditeur de la 55e session du Centre des hautes études militaires et de la 58e session de l’Institut des hautes études de défense nationale,  chef de département « stratégie » à la Délégation à l’information et à la communication de la défense (DICoD), sous-directeur « recrutement » à la direction du personnel militaire de l’armée de Terre,  général adjoint à l’état-major de force n°1 à Besançon, directeur adjoint de la communication et de porte-parole adjoint du ministère de la Défense , chargé  de mission  à l’inspection de l’armée de Terre, puis, depuis le 1er janvier 2013,  commandant de l’État-major de force n° 3 à Marseille.
 

Sources EMF 3