Au coeur de la PAF de l’aéroport de Nice

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  C'est une police qu'on ne voit pas dans les reportages télé et qui n'inspire guère les scénaristes. Des flics qui n'ont que rarement droit aux  médiatiques visites ministérielles. C'est vrai, ces fonctionnaires sont moins exposés aux risques de la voie publique et aux violences urbaines.

 

 Mais eux aussi sont des gardiens de la paix, non pas dans la rue, maisaux frontières.

Dans le système de sécurité nationale, ils occupent un rôle majeur. Avec la responsabilité d'accepter ou de refouler des étrangers, une mission ultrasensible qui touche au domaine de l'immigration avec son cortège de détresse humaine.

 Placés à un endroit clé, ils sont aussi très précieux pour leurs collègues des autres services qui luttent contre le terrorisme ou le grand banditisme et qu'ils alimentent discrètement. A l'aéroport de Nice-Côte d'Azur, ils sont 130 agents de contrôles, spécialistes des étrangers, de la sûreté, patrouilleurs, enquêteurs, détecteurs de faux documents, maîtres-chiens, spécialistes des taxis, ou accompagnateur de VIP, etc. Gros plan sur une étonnante diversité de métiers peu connus. « Des professionnels qui sont tous des experts dans leur domaine et qui s'impliquent », se félicite le commissaire Delphine Lallemand, directrice de la PAF de l'aéroport et adjointe au directeur départemental, le commissaire divisionnaire Didier Martin.

Zoom sur cette police trop méconnue par Didie CHALUMEAU

Lucky, « l'œil de lynx »

 Trente ans de Police aux frontières dont la majorité à Nice ! « Je suis le doyen », aime à rappeler celui que tout le monde connaît sous le surnom de Lucky. Cette figure de l'unité judiciaire de l'aéroport qui s'occupe passionnément de l'association sportive de la PAF, est un « traqueur » hors pair de voleurs à la tire.

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Il n'est pas peu fier de montrer dans son bureau son « tableau de chasse » : un patchwork de photos de « tireurs » en action prises par les caméras, un outil très précieux sur lequel il a la haute main. « Nous disposons de 1 000 caméras dont 250 qui enregistrent », détaille Lucky qui a sa méthode. « Tous les matins, j'épluche toutes les plaintes, je visionne les bandes vidéos pour repérer les voleurs dont beaucoup sont connus de nos services. Beaucoup de Sud-Américains mais aussi des gens de l'Est ».

Avec ses collègues, déguisés en touristes, comme les « tireurs », ils se mêlent à la foule. « Ils sont toujours trois ou quatre, portent des casquettes et des lunettes, souvent il y a le gros qui masque le petit qui vole, ça dure quelques secondes », raconte Lucky qui a des tonnes d'anecdotes.

Traquer les voleurs n'est pas la seule mission de ce brigadier-chef.

Responsable de la police scientifique à l'aéroport, il est aussi le référent pour la compliquée législation des taxis et des exploitants de voitures de tourisme avec chauffeur, (EVTC) un sujet de tension récurrent.

Sur l'aéroport de Nice, il y a en effet 437 taxis et 646 EVTC et 2 542 chauffeurs !

 

Les profilers qui traquent les « faux docs »

Ils sont intarissables et pourraient en parler pendant des heures. Ils ? Ce sont des policiers de l'unité d'appui fraude documentaire. Des « as » des faux documents . « Ce qui provoque un contrôle, c'est l'attitude des passagers, ceux qui ne sont pas tranquilles, ça se repère, ils transpirent, sont à la fin de la queue… Il y a des signes comme ça qui ne trompent pas, ça s'appelle du profiling » lancent Philippe et Eric, deux fonctionnaires hyperspécialisés. C'est d'abord à l'œil nu qu'ils détectent le plus de faux papiers. Le format, la rigidité, la qualité d'impression, et surtout la marque optiquement variable (MOV) qui varie de couleur selon l'inclinaison sont autant d'indices pour ces policiers qui s'intéressent avant tout à la … géopolitique ! Lorsqu'ils ont un doute, les policiers utilisent une visionneuse puis ont d'autres moyens technologiques et informatiques. « Ce sont les tendances migratoires qui orientent nos ciblages ». « Un passager avec un passeport albanais en provenance d'Istanbul à destination de Londres, ce n'est pas cohérent pour nous et il sera contrôlé ». S'il parvient à embarquer et que les Anglais le détectent à Londres, ce passager sera non seulement renvoyé illico presto en France puis dans son pays de provenance mais la compagnie l'ayant transporté devra s'acquitter d'une amende ! De quoi encourager la vigilance.

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Et certains pays sont meilleurs que d'autres pour les faux . « La Chine arrive à produire de très bons documents et ce sont les papiers italiens qui sont les plus facilement falsifiables », précisent ces deux limiers

Photos: Jean-François Ottonello 

 

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