Bazeilles 2017 placé sous le signe de la coopération militaire

L’affiche de Bazeilles 2017

Comme chaque année, c’est à Fréjus, ville de garnison mais aussi siège du mémorial pour les morts pour la France en Indochine, que Bazeilles sera commémoré.

Ce jeudi 31 août, sous la direction du général Philippe Delbos,  père de l’Arme, les troupes de marine commémoreront effet  le 147 anniversaire des combats de Bazeilles , combats héroïques des marsouins et bigors de la division de marine, face aux régiments bavarois pendant la bataille de Sedan les 31 août et 1er septembre 1870.

Le général de corps d’armée Didier Castres,  inspecteur général des armées – Terre, et ancien chef de corps du 21 ème RiMa présidera la cérémonie militaire dans les arènes de Fréjus.

La coopération militaire à l’honneur

Cette année, c’est le thème de la coopération qui a été choisie et qui sera à l’honneur.

À cette occasion, une soixantaine d’officiers supérieurs étrangers, stagiaires de l’École de guerre (celle-ci prépare les meilleurs officiers supérieurs des armées françaises, amies et alliées à devenir les chefs militaires de demain) et un détachement de l’École de l’infanterie de Thiès (Sénégal) participeront au rassemblement.

Le thème de la coopération militaire marque la création du commandement de l’assistance militaire opérationnelle de l’armée de Terre (COM AMO-Terre) et la longue tradition de coopération militaire des Troupes de marine avec de nombreux pays.

À la fin des années 60, à la suite de l’accession à l’indépendance de ses anciennes colonies, la France s’engage dans une politique de coopération avec plus d’une trentaine d’Etats avec lesquels elle signe des accords bilatéraux.

Sous la responsabilité de l’ambassadeur de France et de l’attaché des forces armées, gérée par les bureaux de coopération militaire (BCM), l’assistance militaire technique (AMT) concerne encore plus de 1500 cadres dans les années 1970. Ceux-ci exercent leurs compétences, majoritairement dans des pays de l’Afrique subsaharienne, contribuant ainsi à la construction et à la montée en puissance des armées nationales. À partir de 1980, le nombre de coopérants militaires intégrés dans les armées étrangères diminue progressivement. La création des détachements d’assistance opérationnels (DAO) et des détachements d’assistance militaire et d’instruction (qui existaient de façon permanente dans certains régiments de l’Arme) marque cette période de transition.

Dans les années 1980, l’arrivée à maturité des jeunes armées africaines et le bouleversement naissant de l’ équilibre d’ un monde bipolaire entrainent une déstabilisation progressive de la zone subsaharienne. L’Afghanistan puis les récents évènements en particulier au Mali et en Centrafrique ont montré la nécessité de formaliser les nouvelles formes de partenariat.

Aujourd’hui, la coopération militaire comprend deux volets complémentaires :

  • La coopération militaire structurelle, conduite en général dans un environnement de paix. Elle se comprend dans le sens d’une coopération technique qui relève aujourd’hui de la direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) / Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères mais qui fait appel aux compétences des forces armées ;
  • La coopération militaire opérationnelle, conduite dans un environnement non hostile ou de crise de faible intensité. Elle permet notamment l’envoi de détachements d’instruction opérationnelle, armés majoritairement par les forces de l’armée de Terre, au profit du pays partenaire.

A ce volet, s’ajoute l’assistance militaire opérationnelle (AMO) qui est «l’apport, par les forces armées françaises, à une force armée étrangère dans ses différentes composantes, de compétences, de savoirs, de savoir-faire et d’expérience dans le domaine de la défense et dans la capacité à agir dans une opération ».

Dans un cadre bilatéral, interministériel, éventuellement multinational, l’AMO consiste à former, organiser, conseiller, entraîner, équiper, voire accompagner militairement un pays tiers.

Trois questions au général Delbos

En 2018, un commandement spécialisé pour l’Assistance militaire opérationnelle de l’armée de Terre (COM AMOT) verra le jour, pour lequel un échelon préfigurateur est mis en place dès cet été. Cette nouvelle structure sera adossée à l’EMSOME, l’état-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger commandé par le général Philippe Delbos. Point de situation sur ce nouveau commandement et les conséquences directes pour l’EMSOME.

En quoi l’EMSOME est-il légitime pour appuyer la création du COM AMOT ?

Depuis le 1er juillet 2016, l’ « école militaire de spécialisation » est devenue «état-major spécialisé » de l’outre-mer et de l’étranger (EMSOME), commandant de ce fait les onze formations terrestres stationnées en outre-mer et à l’étranger (OME). La mission de l’EMSOME est donc de permettre à ces dernières de remplir leur contrat opérationnel au profit des commandements interarmées (COMIA).

Mais l’EMSOME reste toujours le centre de formation possédant l’expertise de l’OME et formant avant leur départ les soldats projetés en opération ou en mission de courte ou longue durée sur les environnements physiques, humains et culturels du territoire sur lequel il sera déployé.

De plus, l’EMSOME est la maison-mère des Troupes de marine et donc responsable du patrimoine, des traditions et de la cohésion de l’arme. Ces dernières, dont le personnel a vocation prioritairement au service OME, sont garantes du maintien et du développement de l’expertise de l’outre-mer et de l’étranger au profit des armées. Toutes ces caractéristiques donnent sa légitimité à l’EMSOME d’épauler la création du Commandement de l’Assistance militaire opérationnelle Terre (COM AMOT).

Concrètement, qu’est-ce que cette création signifie pour vous ?

Dans un premier temps, l’important pour l’EMSOME est de faire en sorte que le Commandement de l’AMOT se mette réellement en place. À partir de septembre 2017, l’armée de Terre va créer ce nouvel organisme avec une montée en puissance progressive. Il va passer d’un échelon préfigurateur d’une dizaine de personnes à la rentrée, à la totalité du commandement en 2018, soit une trentaine de personnes.

Ce COM AMOT sera colocalisé et rattaché organiquement à l’EMSOME de façon à pouvoir l’appuyer dans sa vie courante et d’avoir une véritable synergie dans la formation et l’expertise des détachements qui partiront en partenariats militaires opérationnels. Nous, l’EMSOME, la détenons depuis longtemps, cette expertise. Nous avons, par exemple, le 6e BIMa au Gabon particulièrement tourné vers l’AMO et tous nos régiments ont ce type de missions dans leurs zones respectives. Donc, avec le COM AMOT, il y aura de véritables échanges d’informations. Considérant que nous formons tous les militaires qui partent en outre-mer ou à l’étranger, nous avons cette capacité à appuyer le nouveau COM AMOT dans la formation des formateurs qui partiront en mission.

Pour le moment, j’ai proposé au major général de l’armée de Terre les objectifs initiaux du COM AMOT qui consistent avant tout à générer une véritable capacité additionnelle dans l’assistance militaire opérationnelle. Ce terme devrait d’ailleurs évoluer vers celui de « partenariat militaire opérationnel » pour mieux marquer le lien essentiel de cette mission avec les besoins définis par le pays partenaire.

Derrière la création de ce nouveau commandement, le but est véritablement d’augmenter les capacités de l’armée de terre à préparer, planifier, conduire une opération de montée en puissance et d’accompagnement des armées de nos partenaires. Ainsi, nous allons parrainer le COM AMOT afin qu’il soit capable de mettre tout cela en œuvre. Pour l’année à venir, nous allons donc aider et épauler le colonel Alain Vidal, ancien commandant de l’ unité de commandement et de coopération opérationnelle des éléments français au Sénégal, qui va prendre la tête du COM AMOT pour répondre à l’ambition de l’armée de Terre dans ce domaine.

Quelles seront les premières actions, les premiers points d’attention pour les années à venir ?

L’objectif du COM AMOT sera prioritairement de disposer très rapidement des nouvelles capacités nécessaires, par exemple la capacité d’anticipation ou de participation à la planification et à la génération de force dans le domaine de l’assistance militaire opérationnelle.

Mais, au départ, seule une dizaine de personnes composera cette entité. Ils devront donc s’appuyer sur les états-majors existants et établir les processus de fonctionnement avec ces organismes. Ainsi, il va falloir créer toute cette expertise du COM AMOT qui ira ensuite irriguer toutes les entités de l’armée de Terre.

Avec la création de ce nouveau commandement, le but n’est pas, bien sûr, de se substituer aux capacités historiques de l’armée de Terre mais bien d’apporter une véritable plus-value : avoir une vision globale et un référent unique de l’assistance militaire opérationnelle Terre. Quand nous envoyons de l’AMO dans un pays, c’est qu’il y a une expertise qui sera transmise à ce pays partenaire. Cette expertise, il faut la trouver. Si nous avons besoin d’experts de l’Aviation légère de l’armée de Terre, il va falloir les trouver dans le COM ALAT. Toutes les spécialités de l’armée de Terre participent donc pleinement à l’AMO. Ce qu’il nous faut, c’est un suivi de ces expertises, ce que nous n’avons pas aujourd’hui. Avec ces procédures, quand nous aurons un besoin particulier, nous pourrons les détenir et les déployer rapidement. C’est le COM AMOT qui aura cette vision globale et anticipée du besoin lui permettant de proposer l’organisation à mettre en place, les formations à préparer, etc.

Il faut ensuite inscrire l’action du COM AMOT dans une logique de prévention et d’intervention. L’objectif de l’AMO est d’aider nos partenaires à prévenir les crises le plus en amont possible afin d’éviter que nous intervenions directement. Si jamais les crises arrivent, il faut pouvoir les maîtriser, en complémentarité des forces du pays partenaire. Nous devons donc renforcer ces capacités afin d’être plus fort dans cette phase préventive et donc moins engagé directement.

Le COM AMOT doit aussi avoir une vision très large des choses. Il ne doit pas restreindre son action simplement à l’armée de Terre mais s’inscrire dans une chaîne plus large, notamment en lien avec la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et les différents organismes interarmées. Avec la création de ce nouveau commandement, l’armée de Terre cherche donc à organiser structurellement ce savoir-faire historique de l’armée de Terre afin de mieux répondre aux besoins.

Source armée de Terre

Historique de Bazeilles 

1870, la France est en guerre. Pour la première fois de leur histoire, marsouins et bigors sont groupés dans une même division, la division de marine. Surnommée la division bleue, elle est commandée par le général de Vassoigne.

Le 31 août, la division de marine reçoit l’ordre de reprendre le village de Bazeilles, dont l’ennemi vient de s’emparer. La 2e brigade du général Martin des Pallières, formée des 2e et 3e régiments d’infanterie de marine et de trois batteries du 1er régiment d’artillerie de la marine, lance son attaque et mène un combat acharné dans le village. Elle est bientôt soutenue par la 1re brigade, commandée par le général Reboul et composée des 1er et 4e régiments d’infanterie de marine. À la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement repris.

Dès l’aube du 1er septembre, le 4e corps d’armée bavarois contre-attaque, appuyé par une puissante artillerie. Commence alors une lutte farouche, maison par maison, rue par rue. Se battant à un contre dix, éprouvés par la chaleur et la soif, la gorge brûlée par la fumée des incendies, écrasés sous les obus, les marsouins vont à deux reprises chasser l’ennemi du village. Tous témoignent de la même ardeur, du même mépris de la mort. Mais vers 16 h, les munitions manquent et les défenseurs sont submergés par le flot ennemi. Quelques officiers et une trentaine de soldats, dont la plupart sont blessés, se retranchent alors dans une auberge, la maison Bourgerie. Pendant quatre heures, ils arrêtent la marche des assaillants et ne succombent qu’à bout de munitions.

Telle est la glorieuse épopée de la division bleue, qui lutta jusqu’à la dernière cartouche et compta, au cours de ces deux tragiques journées, 2600 tués dans ses rangs. Quarante Bazeillais trouvèrent également la mort au cours des combats. »

La division qui comptait environ 9 000 hommes avait perdu 2 655 tués, blessés ou disparus dont 100 officiers (35 tués), 213 sous-officiers, 275 caporaux et 2067 marsouins et bigors, soit environ 30 % de l’effectif alors que les pertes de l’ensemble de la garnison de Sedan (80 à 100.000 hommes) étaient inférieures à 15 % et minimes si l’on exclut celles importantes des Chasseurs d’Afrique.

Les Bavarois avaient eu 4 088 hommes hors de combat, soit la moitié des pertes totales allemandes pour cette bataille. La division bleue ne représentait qu’environ 10 % des troupes françaises face aux 250 000 Prussiens, Bavarois et Saxons du général prussien Moltke qui attaquaient Sedan.

Le programme 

Jeudi 31 août 2017 :

21 h 30 : Cérémonie aux arènes de Fréjus – prise d’armes et concert de musique militaire (invitation à retirer dans les mairies de quartier).

La soirée aux arènes de Fréjus se déroulera en 2 temps : Cérémonie militaire :

–  Présentation des emblèmes des unités des Troupes de marine ;

–  Lecture de l’ordre du jour ;

–  Remise de décorations individuelles ;

–  Présentation à la famille des Troupes de marine des lieutenants et sergents nouvellement affectés dans l’Arme ;

–  Lecture des combats de Bazeilles puis concert de musique militaire.

Vendredi 1 er septembre  :

Inauguration de l’exposition temporaire au musée des troupes de marine sur le thème « l’art colonial et d’outre – mer (rétrospective des peintres de l’armée) ».

Une seconde exposition sur « la coopération militaire » sera présentée au centre d’histoire et d’étude des troupes d’outre-mer (CHETOM).

 

Pour visiter le musée des troupes de marine (TDM) :

Route de Bagnols-en-Forêt – 83 608 Fréjus
Entrée gratuite et salles climatisées : 10h – 12h / 14h – 18h (TLJ sauf les samedis).

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