Calvi: le 2e Rep et le Dixmude simulent une opération d’évacuation

Calvi

Photos Corse Matin

De la curiosité, des sourires, et beaucoup d'implication. 233 personnes
ont participé  à un exercice de sauvetage à Calvi, qui a été
organisé par la marine nationale en collaboration avec le 2e régiment
étranger de parachutistes (2e Rep).  Le reportage de Corse Matin


Dès 10 heures du matin, les
ressortissants – des habitants volontaires – ont été pris en charge sur
le quai du port, pour être ensuite évacués vers le Dixmude , un
bâtiment de projection et de commandement (BPC) en rade dans la baie de
Calvi.


Si l'exercice a amusé le public, il n'en restait pas moins réalisé dans «
les conditions du réel ». Théâtre d'un conflit armé, la ville de Calvi
était devenue une zone dangereuse, nécessitant l'évacuation des
ressortissants français. Avant de permettre l'opération, des
légionnaires du 2e Rep avaient sécurisé la zone terrestre et aquatique
avec l'envoi de plongeurs durant la nuit. Même les hélicoptères de type
Gazelle y ont participé. Aussi présents, les hommes de la brigade de
protection se sont occupés de protéger le périmètre d'embarcation… Avant
qu'éclate une émeute, finalement maîtrisée. «Baissez-vous,
baissez-vous ! Y a-t-il des blessés ? », a crié l'un des membres de la
brigade de protection dans une embarcation filant tout droit vers le Dixmude , qui a participé au même exercice à Ajaccio en décembre 2012.


En deux heures, les ressortissants avaient été évacués sur le navire.
Fouillés, identifiés, par mesure de sécurité, ils ont été ensuite pris
en charge dans une zone d'accueil. « Cet exercice permet de faire un
lien entre l'armée et la nation, en montrant ce que nous savons faire,
car beaucoup de jeunes ne connaissent plus l'armée, notamment depuis la
fin du service militaire », explique le capitaine de vaisseau Pierre de
Briançon.


« Le couteau suisse de la marine »


Sur le navire, des jeunes collégiens de Calvi et des élèves de Calenzana
avaient aussi fait le déplacement. Tout comme des familles, retraités,
et autres. À l'occasion du retour à quai, les nombreux « civils » ont
allègrement remercié les militaires, avec des « Merci » sonores et des
gestes de mains.


En outre, l'exercice de sauvetage permet de se pratiquer et rester
affûté pour une intervention, a ajouté le pacha. À titre d'exemple,
le Mistral, l'un des trois BPC de la marine nationale avec le Tonnerre, était intervenu en 2006 lors de la guerre au Liban. Le
navire avait alors évacué près de 4 800 ressortissants français, a-t-on
précisé. Basé à Toulon et ayant coûté environ « 500 millions d'euros
», le Dixmude est parfois surnommé « le couteau suisse de la marine
», a souligné l'aspirant Étienne de Castries, officier de
communication.


Admis au service actif en 2012, le navire a l'avantage de remplir
plusieurs fonctions : porte-hélicoptères, mission de sauvetage, de
projection, d'opération amphibie, avec en plus la possibilité de servir
d'hôpital avec ses lits médicalisés et un bloc opératoire. En janvier,
lors de l'intervention militaire Serval au Mali, il avait permis de
débarquer des troupes et des chars blindés.


Possédant un équipage d'environ 200 personnes, l'imposante structure de
199 mètres de long se rendra à la fin septembre dans le golfe de Guinée
pour une mission de quatre à cinq mois, avec notamment comme objectif de
lutter contre la piraterie en mer.

PIERRE BENEDETTI (Corse Matin)

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Le Dixmude : le "couteau suisse" de la Marinei