Eric Oliva le policier écrivain

Eric Oliva , un policier niçois a déjà écrit deux livres et en prépare un troisième.

Il vient de participer au salon du livre de Nice et  a déjà écrit deux romans    "Peter, mafias en eaux troubles"  et "le secret de Meredith Brown".

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Eric Oliva est un…policier qui s'est découvert une passion  d'écrivain.  Entre deux "planques" et procédures, cet officier de police judiciaire qui travaille dans l'opérationnel met la main à son troisième ouvrage et pense déjà à un quatrième.

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Ses livres sont disponibles sur Amazon

Site officiel d'Eric Oliva

2 réponses sur “Eric Oliva le policier écrivain”

  1. Bonjour
    À l’occasion de la sortie régionale, et en avant-première, de « Du soleil vers l’enfer », première quinzaine de janvier 2014,
    j’ai le plaisir de vous faire part de l’ouverture des pré-commandes de ce troisième roman.
    Pour tous ceux qui ne sont pas au fait de mon actualité, vous pouvez la suivre sur mon site officiel : http://eoliv3.wix.com/eric-oliva-officiel
    Mais également sur le site de ma maison d’édition : http://www.sudarenes.com/ecrivain_21.htm
    Les précommandes sont désormais ouvertes, merci de me faire parvenir un mail en retour pour les intéressés.

  2. Un court extrait de Du soleil vers l’enfer disponible chez Sudarènes Editions :
    — Bonjour, Martine, lança Emma tout essoufflée.
    — Bonjour, répondit la nounou sur le pas de la porte.
    — Je suis follement en retard, je ne peux pas traînasser.
    — J’ai vu oui, tu ne seras jamais à l’heure au boulot.
    — Ce matin, impossible de remettre la main sur mes clefs de voiture, je les ai cherchées dans tout l’appartement pendant un bon quart d’heure.
    — J’imagine que tu devais être bigrement énervée.
    — Vous n’avez pas idée, surtout quand Brian les retrouve dans le frigo, il avait dû les y déposer hier soir…
    — Ah ces gosses !
    — Et encore, quand je pense au sketch de Coluche ; ils ont dit qu’il fallait faire deux enfants et demi… Je suis bien contente de n’avoir pas mis la dernière moitié en route avant que mon mari ne nous quitte.
    Martine la fixa avec deux yeux ronds. À bientôt soixante dix ans, elle manquait cruellement d’humour, ce qui plaisait énormément à Emma qui passait son temps à la piquer gentiment. Elle paraissait pourtant bien plus jeune. Du haut de son mètre soixante, à huit heures du matin, cinq jours par semaine, elle était apprêtée comme pour sortir, élégamment coiffée et toujours maquillée.
    Depuis que la nounou s’occupait de ses enfants, Emma Paolini était détendue et pouvait se consacrer entièrement à son travail. Les problèmes liés à la garde de sa progéniture ne l’atteignaient plus le moins du monde.
    — Allez file ! Ton retard ne va pas s’améliorer, dit Martine en levant des sourcils fins et épilés.
    — Je suis partie, répliqua la maman en faisant une bise sur le front de sa petite fille, tu seras bien sage mon bébé, n’est-ce pas ?
    Mia se contenta de lui rendre un sourire et fit volte-face pour entrer chez sa nourrice.
    — Ça c’est fait…, murmura Emma à l’attention de Martine.
    — Ne t’en fais pas, elle te pardonnera un jour ; sans le avoir, quelqu’un lui manque, c’est tout.
    — Je suppose, soupira-t-elle, c’est l’histoire de notre vie.
    Après avoir tendu à Martine le sac qui renfermait les habits de Mia, Emma se dit qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure. Délaissant volontairement l’ascenseur qui avait tendance à se faire prier, elle descendit l’escalier de marbre pour rallier la ferveur de la rue.
    Il lui fallut vingt bonnes minutes pour rejoindre son bureau situé au centre d’affaires de l’Arénas, à l’ouest de Nice, à proximité de l’aéroport. Comme souvent, son chemin croisa celui de plusieurs collègues, certains tout aussi en retard qu’elle ; Patrick, qui venait de batailler pour trouver une place de stationnement ou Jérémie qui cherchait désespérément une nouvelle excuse pour son énième panne de réveil. Mais pourquoi venaient-ils s’épancher sur sa frêle épaule ? Elle qui, sempiternellement chaque matin, ramait entre les couches de Mia, l’école de Brian et son travail s’en voyait déjà de toutes les couleurs. Comment pourrait-elle gérer les problèmes des autres ?
    — Je dois avoir la tête à ça, fit-elle à voix basse en
    rejoignant l’Escalator de la tour de verre.
    À chaque fois qu’elle pénétrait dans cet antre en partie peuplé d’hommes, elle se faisait toute petite, évitant les œillades, souvent pesantes de ceux-ci qui, sans vergogne, la déshabillaient du regard.
    Il fallait dire qu’elle ne pouvait pas passer inaperçue. Elle possédait, pour ainsi dire, tout ce qui attirait le sexe opposé. Grande, mince et pleine d’élégance, son visage de femme aux magnifiques yeux bleus dégageait autant de douceur que de légèreté. Un rouge à lèvres carmin faisait ressortir une bouche délicatement pulpeuse. De longs cheveux auburn légèrement bouclés lui donnaient un air de femme fatale et pour couronner le tout, quand elle en avait le temps, elle s’astreignait à entretenir un corps quasi parfait, dans une salle de sport.
    À trente-sept ans, Emma Paolini était aussi bien dans sa peau qu’elle l’était dans sa tête. Un BTS de secrétariat en poche, cela faisait près de huit ans qu’elle donnait de sa personne et de son temps pour la multinationale qui l’avait embauchée lorsqu’ils étaient arrivés d’Italie. Depuis, acharnée au travail, elle avait patiemment creusé son trou, et de ce fait, seuls des éloges étaient dispensés la concernant. Loin d’être
    imbue d’elle même, elle possédait, et savait se servir de cette vive intelligence couplée à un humour qui plaisait beaucoup, notamment à son patron.
    Ses amis, ses voisins, ceux qui disaient la connaître, pensaient qu’elle avait tout pour être heureuse et que, a fortiori, (déduction humaine apparemment évidente), elle ne pouvait que l’être. Mais peu d’entre eux savaient. Seuls un ou deux étaient dans le secret des Dieux. Qu’à peine deux ans auparavant, le sort en avait décidé autrement. Ce soir de Noël, alors que Brian et elle l’attendaient devant un somptueux dîner, elle avait vécu la douloureuse expérience de l’officier de police sonnant à votre porte pour vous annoncer qu’un malheur vient de se produire : le père de ses enfants était décédé.
    Un banal accident de voiture lui avait-on dit… Une de ces injustices atroces que réserve parfois la vie. Il n’avait pourtant pas bu. De toute façon, il ne buvait jamais quand il prenait le volant. Et l’enquête de la gendarmerie n’avait rien révélé de suspect. Son véhicule avait tout simplement quitté la route, lui avait-on expliqué. Ce sera un camionneur, quelques minutes plus tard, qui l’apercevra en contrebas de la nationale. Une ligne droite qu’il empruntait deux fois par jour depuis des années.
    Emma s’était bien entendu posé mille et une questions sur ce qui avait bien pu se passer ce jour-là, mais le temps avait progressivement distillé ses interrogations. Si une enquête judiciaire n’était pas parvenue à constater une quelconque anomalie, qu’aurait-elle pu découvrir ? Y avait-il seulement quelque chose à découvrir ? Peut-être Paul s’était-il tout simplement assoupi.
    Elle se souvenait qu’il était particulièrement fatigué à cette période. Son emploi de VRP accaparait toute son énergie, et c’était plusieurs milliers de kilomètres qu’il parcourait chaque semaine pour présenter ses produits à toujours plus de nouveaux clients.
    Et puis à présent, elle l’avait décidé, ça ne pouvait être autre chose ! Elle avait passé le cap du « pourquoi/peut-être » et se devait d’avancer, ne serait-ce que pour ses enfants. À quoi bon se torturer l’esprit avec de sombres pensées qui ne conduiraient sans doute qu’à de nouvelles interrogations ?
    D’autant qu’à l’époque, sa grossesse débutait à peine et Brian venait de quitter les jupons de Martine pour découvrir ce nouvel univers qu’on appelait la maternelle.
    — Bonjour, Emma, fit une voix au timbre grave derrière elle.
    — Salut, Pierre ! répondit-elle en se retournant pour tomber nez à nez avec son chef, comment allez-vous ce matin ?
    — Je vous avoue que j’ai connu des jours meilleurs.
    — Vous êtes souffrant ? demanda-t-elle l’air soucieux.
    — Non, rassurez-vous Emma, précisa le chef, ce n’est pas
    moi qui suis souffrant, nous avons une réunion extraordinaire dans quinze minutes en salle six.
    — Bien, je dépose mes affaires dans mon bureau et je m’y rends.
    L’homme tourna les talons et disparut à l’angle du couloir, laissant une secrétaire quelque peu interrogative, le cerveau en ébullition. Était-ce pour elle que cette réunion était programmée ? Qu’avait-elle bien pu faire ?
    Pour autant qu’elle le supposait, des lettres à dispatcher, des télécopies à classer, des parapheurs à transmettre et quelques courriers à taper ne risquaient pas d’ébranler la société. Alors de là à mettre en place une réunion extraordinaire.
    Bien qu’Italienne dans l’âme, elle se débrouillait à
    merveille avec sa nouvelle langue. Elle la chantait très souvent avec les mains, mais l’écrivait néanmoins avec sa tête. Son directeur lui avait d’ailleurs fait remarquer qu’elle était souvent plus habile avec cet idiome que nombre de ses collègues dont c’était la langue maternelle. Remarque qui lui avait donné du baume au cœur. Pour autant, elle savait rester humble.
    Seulement pour le moment, elle devait se dépêcher. Une fois sa veste posée sur sa chaise et son sac à main dans le premier tiroir de son bureau, Emma attrapa à la va-vite un petit carnet et un stylo bille, puis quitta la pièce. Peut-être devrait-elle prendre des notes.
    — Bonjour Daniel, fit-elle en croisant son collègue du service contentieux qui empruntait la même direction qu’elle.
    — Tu es convoquée aussi ? demanda-t-il un rien curieux.
    — Apparemment… comme toi, je suppose…
    — Oui, et la curiosité m’envahit.
    — Pour ma part, marmonna Emma, je t’avoue que je serais plutôt submergée par la crainte. En huit ans, c’est bien la première fois que j’assiste à ce genre d’évènement qui, décidément, ne me dit rien qui vaille.
    — Que veux-tu que ce soit ? lança son collègue désinvolte, ils ont dû revoir leurs objectifs à la hausse et désirent remotiver leurs troupes.
    — Ah oui, tu penses ? lâcha-t-elle d’un air moqueur, et moi, en tant que secrétaire au service expédition, tu penses qu’ils veulent me remotiver dans quel sens ? Que je me mette à la magie pour que le courrier arrive plus vite ?
    Daniel l’observa un instant sans avoir le temps de
    répondre, ils étaient arrivés devant la porte du salon numéro six. À leur grande surprise, une quarantaine de personnes, tous services confondus, se trouvaient déjà sur place. Au bas mot, eux y compris, un tiers des employés de la société devait être présent.
    — Je trouve ça de plus en plus inhabituel, bizarre vous avez dit bizarre, murmura Emma à son compagnon de couloir.
    — Je commence à abonder dans ton sens, ça paraît louche.
    Les portes en bois coulissèrent et chacun fut invité à s’installer dans l’immense pièce transformée, pour l’occasion, en petit amphithéâtre. Tout se passa dans un silence religieux.
    Moins d’une heure plus tard, Emma avait la réponse à ses questions, comme les quarante autres personnes : elle allait bientôt recevoir sa lettre de licenciement. La seule chose qui était susceptible de la réconforter, c’était que son travail n’était pas remis en cause. D’après les explications alambiquées qui leur avaient été données, le dernier bilan désastreux de Perma-Group obligeait ses dirigeants à faire des coupes franches dans le personnel.

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