Exercice Catamaran: reportage et diaporama

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Photo Philippe Arnassan

L'exercice interarmées et interalliés Catamaran qui mobilise 5000  soldats et de nombreux bâtiments dont le Charles de Gaulle  se tient jusqu'au 26 octobre dans le Var.  La plage de Saint-Aygulf  a été prise d’assaut par un millier d’hommes et plusieurs dizaines de blindés.

Reportage et DIAPORAMA  (Photos de Philippe Arnassan)

Le hasard du calendrier fait parfois bien les choses. Disparu des écrans radars depuis 2001 – pour cause de priorité donnée aux nombreuses opérations extérieures – l'exercice Catamaran fait à nouveau l'actualité en cette année de commémoration du débarquement de Provence. «Mais la comparaison s'arrête là, déclare le contre-amiral Frédéric Damlaimcourt, commandant des forces amphibies françaises. Le volume des forces engagées n'est pas le même qu'il y a 70 ans. On n'est pas dans le contexte décrit dans le film Il faut sauver le soldat Ryan. De toute façon, on ne fait plus d'assaut dur».

Certes. La démonstration de force effectuée hier dès l'aube avait néanmoins de quoi impressionner les quelques touristes présents sur la plage de Saint-Aygulf. Surtout les enfants, d'ordinaire toujours si prompts à jouer à la guerre, mais qui n'étaient pas très rassurés à la vue de ces nombreux soldats lourdement armés et aux visages enduits de peinture camouflage. Les fameuses troupes avancées censées ouvrir le chemin à plus inquiétant encore…

D'abord masqués par une brume opportune, à peine trahis par le ronronnement de leurs moteurs, les chalands de débarquement n'ont pas tardé en effet à débarquer leur lot de véhicules en tous genres : bulldozers en premier pour préparer la plage, blindés ensuite, dont des chars AMX 30 et des VBCI (véhicule blindé de combat de l'infanterie). Une véritable noria se réalimentant un peu plus loin au large dans le radier du Siroco et du Mistral, respectivement transport de chalands de débarquement et bâtiment de projection et de commandement.

Au total, un millier d'hommes prêts à en découdre et quelque 250 véhicules ont ainsi été débarqués dans la journée d'hier. Enfin pour la partie visible depuis la terre.

Car l'exercice Catamaran, qui se prolongera jusqu'au 26 octobre prochain, mobilise au total pas moins de 5 000 militaires : marins et soldats de l'armée de terre. Plus au large, mais indissociable d'une opération amphibie moderne : des frégates, un porte-hélicoptères, un sous-marin nucléaire d'attaque pour garantir une bulle de protection autour des bâtiments transportant les forces expéditionnaires. Et plus loin encore, à une quarantaine de milles des côtes, le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle dont les chasseurs bombardiers sont indispensables pour apporter un appui feu aux troupes au sol.

Pour ce qui est du scénario, c'est l'OTAN qui l'a imaginé : Framland, un pays allié, voit son intégrité menacée par les pays voisins Torrike et Bothnia, qui soutiennent une organisation terroriste baptisée Novus Ordo Mundi. Rien de bien original certes, mais c'est le genre de crise auxquelles les armées occidentales risquent le plus d'être confrontées. Mieux vaut donc s'y préparer.

Reportage Pierre-Louis Pages ( Var Matin)