Jean Yves Le Drian justifie l’opération Serval

Le ministre de la Défense justifie l’opération Serval à
laquelle participent 3 150 militaires français dont 2 150 sur le
territoire malien. Parmi eux : les Marsouins de Fréjus et le 3e RaMa de
Canjuers

Jean Yves le Drian a justifié devant les
journalistes de la presse quotidienne régionale, l'engagement de la
France au Mali. le ministre de la Défense a également donné des
précisions sur l'implication du 21e Régiment d'infanterie de Marine de
Fréjus, a révélé la présence à Bamako des bigorres du 3e Régiment
d'artillerie de Marine de Canjuers et confirmé la participation du
bâtiment toulonnais Mistral à l'opération conduite en Somalie pour tenter de libérer l'otage Denis Allex.

Où se trouve le 21e RiMa de Fréjus ? Et quel est son rôle?

Tout d'abord, je tiens à partager la fierté des Fréjusiens dont le régiment sert dans l'opération Serval.
Aujourd'hui 2 150 militaires français défendent notre sécurité au Mali.
Ils accomplissent leur devoir de manière exemplaire. J'ai toute
confiance en eux pour aider le Mali à recouvrer sa souveraineté et sa
liberté. Le 21e Régiment d'Infanterie de Marine armait, avec d'autres
unités, les éléments terre des forces françaises déployées au sein de
l'opération Épervier, au Tchad. Ces forces nous permettent aussi
de disposer d'une capacité d'intervention dans la sous-région et c'est
exactement ce qui s'est passé le 11 janvier dernier, lorsque le
président de la République a donné l'ordre de déployer les forces
françaises au Mali. Aujourd'hui, le 21e RiMa est au Mali, au nord de
Bamako à l'ouest du fleuve Niger, avec son état-major et une compagnie
d'infanterie. Il participe aux missions d'appui des forces maliennes.

Qu'avez-vous envie de dire à leurs familles qui les attendaient début février?

Nos
militaires, où qu'ils soient, ont pour mission de se tenir prêts à
intervenir dès que l'urgence le réclame et que le président de la
République le décide. Je sais que les familles vivent cette réalité au
quotidien et qu'elles assument avec courage et avec une grande dignité
cette situation parfois difficile. C'est ce que je constate chaque fois
que je me déplace au contact des militaires et de leurs familles. Je
reste bien évidemment très vigilant pour assister ces familles lorsque
les militaires sont engagés en opération.

Si la France était restée en Afghanistan aurait-elle eu les moyens de s'engager au Mali seule ?

La
France est intervenue avant qu'il ne soit trop tard. Elle a
heureusement les moyens et la détermination pour le faire. Très
prochainement, 450 militaires européens arriveront pour former l'armée
malienne et des milliers de soldats africains les aideront à reconquérir
leur territoire et à éviter la constitution d'un sanctuaire terroriste
au cœur de l'Afrique.

Si l'intervention dure, et que la
France reste seule, sans ses alliés européens et américains,
pourra-t-elle assumer militairement ?

La France a enregistré dès le premier jour de l'opération Serval
un soutien quasi unanime de la communauté internationale. Un Conseil
des affaires étrangères exceptionnel a été convoqué jeudi 17 janvier à
Bruxelles. Notre action fait l'objet d'un consensus. Elle est soutenue
politiquement par tous nos partenaires européens mais aussi par l'Union
européenne.

Cela démontre que l'Europe progresse dans sa capacité à s'unifier et à se mobiliser face aux crises qui menacent ses intérêts.

Et
puis le soutien des Européens va au-delà des déclarations puisque nos
partenaires se mobilisent également concrètement en mettant à notre
disposition des moyens militaires : Allemagne, Belgique, Danemark,
Espagne, Italie, Royaume-Uni nous ont contactés dès le début pour nous
demander nos besoins. D'autres Européens se manifestent en ce moment.
Rappelez-vous ce que j'ai toujours dit : je veux une Europe de la
défense par les faits, les actes concrets. C'est très clairement ce qui
se passe aujourd'hui et nous pouvons nous en féliciter. J'ajoute que
l'Union européenne n'a pas attendu l'intervention française pour
s'intéresser au Mali. Elle est en effet pleinement mobilisée sur le
lancement de l'opération de formation des forces armées maliennes et
africaines appelée EUTM Mali. ElLe aide aussi à se déployer la Mission
internationale de soutien au Mali (MISMA).

Vous parlez de guerre contre le terrorisme, mais jamais de guerre contre l'islamisme? Pourquoi ?

La
majorité des habitants du Mali sont de confession musulmane. Ils vivent
depuis plusieurs mois dans l'oppression de groupes djihadistes
fanatiques, surarmés et violents, qui méprisent leurs droits
fondamentaux et leurs libertés. C'est aux Maliens que la communauté
internationale vient aujourd'hui en aide pour lutter contre les groupes
terroristes. Et, puis il y a aussi une forte communauté malienne en
France.

Pouvez-vous nous confirmer que le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral, basé à Toulon, a joué un rôle majeur dans l'opération menée pour libérer l'otage Denis Allex en Somalie ?

L'opération
était d'une extraordinaire complexité et nous savions qu'elle serait
difficile. Mais il était pourtant de notre devoir d'intervenir et,
hélas, deux de nos agents y ont laissé leur vie. Leur base était en
effet le Mistral. Mais je n'en dirai pas davantage…. La
confidentialité de ces opérations clandestines nous interdit de
communiquer sur les procédures retenues, c'est la condition sine qua non pour garantir la sécurité de nos agents employés dans ces actions à hauts risques.

Propos recueillis par Didier CHALUMEAU

 

Une pensée sur “Jean Yves Le Drian justifie l’opération Serval”

  1. Concernant l’appui de l’UE, Le Drian est plus que diplomate devant la réalité des faits. A part la Belgique, nos partenaires font moins que le minimum syndical alors qu’ils ne peuvent pas dire que cette opération était imprévu.

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