Le ministère de la Défense fait un appel du pied aux PME varoises

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Photo Patrick Blanchard

La 3 ème convention d'affaires des marchés de la Défense s'est tenue à Toulon  

Nul n'est prophète en son pays. Aussi surprenant que cela puisse paraître, dans le Var, premier département militaire de France, le ministère de la Défense continue à être assez méconnu des PME locales.

Le problème n'est pas tant un déficit de notoriété, mais des a priori tenaces. Hormis les grands donneurs d'ordre que sont Thales, DCNS ou encore les CNIM, il semblerait que les petites sociétés hésitent, sinon rechignent à répondre aux appels d'offres lancés par les acheteurs du ministère. «Encore trop de chefs de PME pensent que les marchés publics leur sont inaccessibles. Encore plus si c'est le ministère de la Défense qui lance les appels d'offres. D'une certaine façon, ils s'autolimitent. Par ailleurs, ils sont persuadés qu'ils ne seront pas payés avant 60 jours. Or, au ministère de la Défense, le délai de paiement est de 30 jours», explique Gérard Gibot, directeur adjoint au Secrétaire général pour l'administration (SGA). Ne serait-ce que pour tordre le cou à ce genre d'idées reçues, la Convention d'affaires des marchés de la Défense, 3e du nom, qui s'est tenue hier toute la journée au Palais des Congrès de Toulon, a toute sa place.

Économies et innovation

Une initiative que l'on doit à la Chambre de commerce et d'industrie du Var qui voit, dans ce rapprochement entre la Défense et les entreprises varoises, un moyen de «soutenir l'économie locale et régionale».

Les PME l'ont d'ailleurs bien compris : plus de 540 entreprises étaient inscrites à cette convention. Il faut dire que certains chiffres sont des plus alléchants. «On achète beaucoup en région PACA. C'est une des régions où l'on achète le plus. En paiement direct, cela représente 800 millions d'euros par an, armements et non armement confondus», révèle Gérard Gibot. Mais ça pourrait être beaucoup plus quand on sait chaque année le ministère de la Défense, certes en restructuration, réalise près de 17 milliards d'euros d'achats ! Quatre milliards pour le seul SGA, plus spécifiquement en charge des achats en matière de santé, d'informatique, d'alimentation, de services généraux, de maintenance des bâtiments…

Si cette diversification de ses fournisseurs potentiels lui laisse entrevoir la possibilité de faire des économies, le SGA a d'autres motivations. «Que ce soit en matière de valorisation de nos déchets, d'économie d'énergie à chaque poste informatique, ou d'équipements biomédicaux pour les médecins qui partent en opérations extérieures, on a besoin d'idées nouvelles, de solutions. Plus le nombre d'entreprises répondant à nos appels d'offres est grand, et mieux c'est», explique Agnès Le Gall – Hamann, de la mission achats au sein du SGA.

À ce sujet, le bilan chiffré de cette 3e convention d'affaires des marchés de la Défense devrait la rassurer : plus de 1 600 rendez-vous entre entreprises locales et acheteurs du ministère de la Défense ou des grands donneurs d'ordres étaient planifiés pour la seule journée d'hier !

Source P.L.P Var Matin