Livre Blanc : Le Charles de Gaulle peut il être vendu?

L'éventualité évoquée par Jean Guisnel , journaliste défense au Point, de vendre le Charles de Gaulle a fait l'effet d'une bombe à Toulon . Nice Matin fait le point sur ce scénario par mon confrère Damien Allemand.

Jean Dominique Merchet autre journaliste de défense ne partage cette vision apocalyptique qui va émerger du livre blanc .

Un plan budgétaire draconien serait en préparation au sein du
ministère de la Défense. Selon Le Point, une vente du porte-avions
Charles-de-Gaulle est à l'étude. Nice-Matin fait… le point.

1. A vendre, porte-avions, récemment révisé…

Telle pourrait être la petite annonce que passera prochainement la France selon des informations du Point.fr.
Selon le site web de l'hebdomadaire, les premières fuites sur le futur
Livre blanc, qui va déterminer le budget de l'armée, laissent entrevoir
un scénario ''apocalyptique'' selon plusieurs militaires. Arrêt
du Rafale, suppression de 50.000 postes et… vente du porte-avions
Charles-de-Gaulle, actuellement en révision dans le port militaire de
Toulon.

–> LIRE. Le "Charles-de-Gaulle" en cale sèche jusqu'à l'été à Toulon

2. Aucune réaction officielle

Ni
oui, ni non… Aussi étonnant que cela puisse paraître, le ministère de
la Défense n'a ni démenti ni confirmé ces révélations vendredi.
''Tant que les travaux du livre blanc ne sont pas publiés
officiellement, il ne nous appartient pas de commenter une spéculation.
La décision sera politique''
, indique un représentant de la Marine. Les résultats du livre blanc devraient être publiés d'ici la fin du mois de mars.

3. La France affaiblie sans le Charles-de-Gaulle pour les militaires

Les informations du Point ont fait l'effet d'une bombe dans les milieux militaires.
''La place de la France dans le monde ne serait plus la même. C'est
toute l'opérabilité de la Force d'action navale qui serait remise en
cause.'',
confie un marin en poste à Toulon. ''Ce n'est pas qu'un bateau, c'est un symbole'', poursuit un autre. Avec ses 2.000 membres d'équipages, le Charles-de-Gaulle est un outil de ''projection de puissance''. ''Il peut se rendre au plus près des côtes de tous les pays du monde. C'est un atout considérable que tout le monde nous envie''. Il n'y a que les USA qui – avec la France – maîtrise cette technologie. ''J'ai lu quelque part que l'armée de la France serait comparable à celle du Bénélux. C'est tout à fait ça…''

—> LIRE. Avec les "bleus" sur le porte-avions Charles-de-Gaulle

4. Un ''poisson d'avril'' pour le député Philippe Vitel

''De la galéjade''. ''Un poisson d'avril''. ''N'importe quoi''. Philippe Vitel, député UMP du Var et vice-président de la commission Défense de l'Assemblée nationale n'accorde que ''très peu de crédit'' à une éventuelle vente du porte-avions.
''Oui nous sommes très inquiets car nous savons qu'il y a d'importantes
coupes budgétaire pour l'armée. Oui nous avons maintenant la certitude
que nous n'aurons jamais un deuxième porte-avions mais il est impensable
de vendre le Charles !''
, réagit-il.

Même
son de cloche chez les sénateurs PS et UMP. Une fois n'est pas coutume,
tous les groupes politiques du Sénat ont lancé un appel à François
Hollande, chef des armées, pour que le budget militaire de la France
soit maintenu à un niveau comparable à celui qu'il est aujourd'hui, soit
30 milliards d'euros.

5. La décision appartient à François Hollande

Spécialiste
reconnu des questions de défense, le journaliste Jean Guisnel, qui a
sorti l'info dans Le Point, estime que la France se priverait d'un ''outil militaire formidable'' en vendant Le Charles. Mais elle y survivrait… ''Nous pouvons nous en passer. L'Allemagne n'en n'a pas. Le Japon non plus'',
avance-t-il. Selon lui, la décision finale appartient à François
Hollande. Tiraillé entre la réalité budgétaire et ses choix politiques
(guerre au Mali, tentative de libération d'un otage en Somalie), c'est
lui qui va devoir trancher. ''Il enverra un symbole fort''.

Damien Allemand (dallemand@nicematin.fr)

2 réponses sur “Livre Blanc : Le Charles de Gaulle peut il être vendu?”

  1. et pourtant, est-ce si incongru que cela ?
    si on admet une réduction capacitaire, non pas en terme de compétence et de savoir-faire (le mali démontre que nous devons conserver une armée ayant une capacité globale, la seule en Europe),mais en termes d’amplitude et de « rayon d’action », quelle serait l’utilité du porte-avions au large de la mer rouge, en Afrique, dans la méditéranée ? l’armée de l’air vient de démontrer une capacité de projection de puissance jusqu’à 4000km, à quoi nous sert le porte-avions ? en a t’on besoin pour projeter de la puissance à 4000-5000km autour d la france ? si oui (où ?) conservons -le, sinon, séparons nous en. une bonne analyse des menaces et des scenarios devrait nous y aider. attention ,cela suppose de conserver suffisamment de points d’appuis, comme en Afrique, mais cela revient à reconsidérer la contraction de notre diapositif prépositionné en Afrique. par ailleurs, un porte-avions = X bateaux+ y avions+ Z sous-marins. bref, ne pas se l’interdire en mesurant toutes les conséquences opérationnelles et politiques. mais comme on nous dit qu’il faut revoir nos ambitions à la baisse…

  2. L’armée de l’air a besoin d’obtenir des autorisations pour poser ses avions sur un territoire étranger (même en cas d’avarie) la puissance du PA c’est d’être une base aérienne en eaux internationales donc même en mer rouge ça peut servir…

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