Tasex Levant 2013 : le Mistral ( de l’artillerie) a soufflé sur les îles du Levant!

 


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L'exercice Tasex Levant 2013 s'est achevé.

Lire le reportage de Var Matin.

Le pointeur et son chef de tir sont en place depuis de longues heures. Juchés sur leur Paméla – la plateforme de leur engin – ils attendent le feu vert, missile en mains. Malgré la chaleur qui règne en ce mardi sur l'île du Levant, ils supportent gilet de combat, casque, gants, lunettes et tenue manches baissées. Les six binômes répartis sur les pas de tirs Grand Cap et Titan attendent les consignes qui vont venir d'en haut, du PC Madone.


Le 54e Régiment d'artillerie (RA) de Hyères a accueilli en effet durant trois jours, sur le territoire îlien de la Direction générale de l'armement (DGA) essai de missiles, une campagne de tir d'artillerie en exercice. C'est le Mistral, un produit français développé par l'entreprise MBDA, un groupe industriel du secteur aéronautique et spatial, leader européen des missiles et des systèmes de missiles, qui est en vedette.

En heure Zoulou

À l'invitation du 54e RA, plusieurs régiments d'artillerie comptant au moins une batterie dédiée à la défense sol-air ont été engagés dans l'exercice Tasex Levant 2013, qui a été  organisé par le Commandement des forces terrestres (CFT), sur la plus orientale des trois îles d'or. Hier, il s'agissait des hommes 11e Régiment d'artillerie de marine (RAMa) de St-Aubin-du-Cormier, du 35e Régiment d'artillerie parachutiste (RAP) de Tarbes et d'un détachement "Mistral" de la composante terrestre de la Défense belge.

Tout exercice grandeur nature de ce type s'effectue en heure Zoulou, c'est-à-dire heure universelle. Il est donc 13 h 06, lorsque le directeur de tir coordonne les ultimes opérations, face à son mur d'écrans. Il est entouré de son adjoint – chargé de l'aspect technique -, du responsable du contrat avec le client – en l'occurrence l'Armée de terre aujourd'hui -, du client, de marins de la Marine nationale qui travaillent au profit de la DGA et de l'officier de sauvegarde générale.

Le stress du pointeur

Lorsque ce dernier donne son feu vert, c'est que tout le monde est en place et que la zone de tir a été nettoyée : aucun navire ni aéronef ne peut pénétrer dans ladite zone, au sud de l'île.

Le relais entre le PC et les pièces de tir, c'est le Centre de management et de défense de la 3e dimension (CMD3D). Un camion impressionnant, truffé de matériel sophistiqué qui en fait l'AWACS – système de détection et de commandement aéroporté – de l'Armée de terre. Il voit tout et entend tout. Il est manœuvré par six personnels, qui gèrent notamment la trajectographie. Il fait lui-même le relais avec les centres de niveau 1 (NC1) qui associent un véhicule radar et un véhicule de commandement. Le NC1 40 dont dispose le 54e RA a une portée de 28 km pour un plafond de 5 000 m.

Au rythme d'une quinzaine de Mistral tirés par jour durant cette campagne, les résultats sont parfaitement conformes aux attentes des militaires.

En dépit de tout une infrastructure ultra-perfectionnée, l'acte de tir revient à notre pointeur, juché sur sa Paméla. Et malgré son exigeante préparation physique et psychologique, il peut ressentir un certain stress au moment d'appuyer sur sa gâchette pour libérer un engin de quelque 140 000 euros… Il sait par ailleurs qu'en temps de guerre il devra se mettre à l'abri dès le deuxième tir, faute de quoi, il deviendra une cible prioritaire de l'ennemi !

Didier ZAÏTOUN (dzaitoun@varmatin.com)