Un élève gendarme décoré de la médaille militaire

Par Didier CHALUMEAU

Article paru sur L’Essor 

Une première et sûrement une dernière pour le général Hervé Renaud ! Photo Ecole de Tulle

Il est probablement  l’un des plus jeunes médaillés militaires de France et l’un des très rares élèves gendarmes à avoir reçu la prestigieuse médaille militaire pendant sa formation. (Il a du y en avoir après la deuxième guerre mondiale, l’Indochine et l’Algérie). 

Depuis le 1 er août, il est – à notre connaissance- le plus jeune gendarme à l’arborer puisqu’après avoir reçu “le beau galon de gendarme”– comme cela est l’usage de dire lors des cérémonies- lors du baptème de sa promo, il a rejoint son affectation dans une brigade de Corse.

Président de la 20 ème promotion

 

C’est symboliquement, sur le front des troupes lors du baptême le 17 juillet de la 19 ème promotion de l’école de Gendarmerie de Tulle que l’élève gendarme Rémi Touil, d’ailleurs président de la 20 ème promotion, s’est vu remettre la médaille Militaire par le général de corps d’armée Hervé Renaud, directeur du personnel militaire de la Gendarmerie (DPMGN).

En lui épinglant la décoration, le général lui a confié qu’il s’agissait de la première et probablement la dernière fois qu’il décorait un élève gendarme de la médaille militaire!  

Le 26 juillet, lors du baptème de sa promotion dont il était le président, il a ainsi pu porter toutes ses médailles et recevoir son galon de gendarme avec sa médaille militaire sur sa poitrine.  

 Ce sont ses états services dans l’armée de terre qui lui ont valu cette belle médaille qui s’ajoute à  la croix de la valeur militaire avec deux citations et la médaille des blessés. 

Blessé au Liban et cité en Afghanistan et en République centrafricaine

Avant de rejoindre la Gendarmerie il y a un an, Remi Touil a été fantassin pendant 8 ans et sergent-chef à 26 ans! Originaire de Toulon, et bien que n’ayant pas de militaire dans sa famille, il a toujours été attiré par le métier des armes et avant de s’engager,  a suivi deux préparations militaires, une commando et une découverte.

Issu de l’école des sous-officiers d’active de Saint Maixent (79) qu’il a intégré en septembre 2009, il a été affecté dans l’infanterie mécanisée au 16ème Bataillon de Chasseurs stationné à Bitche en Moselle.

Désigné comme chef de groupe à l’instruction, il a immédiatement suivi plusieurs formations :  chef de groupe infanterie,  chef d’engin VBCI et monitorat commando.

En d’avril à décembre 2012, il a été projeté en Afghanistan dans la province de Kapisa, d’où il ramène une première citation avec attribution de la croix de la valeur militaire.

Après une nouvelle période de formateur des militaires du rang, il est déployé en mars 2014 au Liban comme casque bleu.   Alors qu’il est chef de patrouille, il est pris dans une embuscade avec son groupe et est blessé avec trois de ses hommes. Il est alors rapatrié dans un hôpital militaire en métropole et obtient la médaille des blessés de guerre et  un témoignage de satisfaction.

Dès son rétablissement et sa sortie de l’hôpital, il demande à rejoindre son unité au Liban, mais cela lui est refusé. Il fait alors connaître son envie de retourner sur un théâtre d’opération extérieure et juillet 2014, il est envoyé en République centrafricaine de juillet à octobre où il obtient une nouvelle citation avec attribution de la croix de la valeur Militaire. 

A la suite des attentats de Paris, il est engagé comme adjoint au chef de section dans l’opération sentinelle pendant deux mois. Il réitèrera cette mission cinq fois sur la capitale et en province entre 2015 et 2017.

Promu sergent-chef en juillet 2015, il est nommé sous-officier adjoint (SOA) au chef de section et poursuit sa formation en passant le stage de formateur pilote VBCI et chef d’engins tactique, et gestion de l’armement petit calibre d’unité élémentaire. 

En 2016, tout en préparant le concours externe de gendarme, il est projeté un mois aux Emirats Arabe Unis puis est désigné chef de section d’une préparation militaire au camp de Bitche en juillet 2017. Ce sera sa dernière mission dans l’armée de terre avant de rejoindre comme élève gendarme l’école de Tulle. “Cela a été une grosse remise en question de perdre mon grade et de redevenir élève gendarme, j’étais adjoint au chef de section et je pouvais intégrer l’école militaire interarmes  (EMIA), pour devenir officier, mais j’ai fait le choix de la Gendarmerie, en particulier pour des raisons familiales, ma compagne étant gendarme”  justifie Rémi qui a beaucoup hésité entre la mobile et la “GD”.  Le judiciaire l’intéresse beaucoup et il pense déjà à préparer l’OPJ!

Sûrement l’un des gendarme “monogalon”, parmi les plus décorés – avec un ancien sergent-chef de la légion étrangère sorti de l’école de Chaumont en mars dernier–  il est  médaillé militaire, titulaire de la croix de la valeur militaire avec deux étoiles de bronze, de la croix du combattant, de la médaille des blessés de guerre, de la médaille outre-mer avec agrafes Liban et République centrafricaine, de la médaille d’argent de la défense nationale argent avec agrafes infanterie et mission d’assistance extérieure, de la médaille de reconnaissance de la nation avec agrafe opérations extérieures, de médaille commémorative française avec agrafe Afghanistan,  de la médaille de la protection nationale du territoire avec agrafe sentinelle,  et de la médaille de l’OTAN avec agrafe (ISAF).

L’Essor s’associe au président de l’UNPRG de la Corrèze, Jean  Even, qui  lui a remis au nom du directeur de l’Essor un abonnement d’un an à l’Essor pour le féliciter très chaleureusement et lui souhaiter une belle et longue carrière dans la Gendarmerie.