« Les fusilliers marins sont les combattants de la mer « 

Hoffmann

Le "pacha" des fusiliers matins : Photo Dominique Leriche (Var Matin)

Le Groupement des fusiliers marins (GFM) de Toulon est situé sur les installations de Brégaillon, à l'extrémité ouest de la base navale, en attendant un déménagement dans les trois ans à venir. Depuis le mois de juin dernier, c'est le capitaine de corvette Olivier Hoffmann qui commande l'unité. Rencontre avec le pacha.

 

Qui sont les fusiliers marins Quelle est leur origine ?

C'est Napoléon III qui, en 1856, a créé le concept. C'est une spécialité de la Marine nationale qui s'est illustrée dans toutes les guerres. Coloniales et mondiales. Pendant la guerre de 14-18, les fusiliers ont livré la bataille de Dixmude. À l'occasion de la Seconde Guerre mondiale, ils ont notamment participé à la libération de Toulon. Ils ont débarqué en Provence et sont montés jusqu'en Alsace. Et la première Jeep qui s'est présentée sur la place de l'Étoile, à la Libération de Paris, était un véhicule des fusiliers marins.

D'autres faits d'armes après la Seconde Guerre mondiale ?

Les fusiliers marins ont fait l'Indochine. Il y a eu surtout, le 28 mai 1951, la terrible bataille de Ninh-Binh. Cette nuit-là, 75 fusiliers marins du commando François sont au combat contre environ 8 000 assaillants. Les deux tiers du commando sont tués. D'ailleurs, trois de la vingtaine des rescapés d'alors vivent aujourd'hui à Toulon.

Quelle est, aujourd'hui, la mission du Groupement de fusiliers marins de Toulon ?

Sur les quelque 1 500 fusiliers marins français, 420 sont basés à Toulon. Notre mission est de protéger les points sensibles de la Marine nationale. Nous intervenons sur la Base aéronavale de Hyères, sur la base navale de Toulon, le dépôt de munitions de la pyrotechnie, à Tourris, au fort de Six-Fours et nous avons un détachement à Fontvieille, près d'Istres. À ceci, il faut ajouter les détachements outre-mer : Djibouti, Papeete et Abou Dabi.

Quel est leur fonctionnement ?

Nous avons des équipes de protection embarquée, sur des bateaux civils comme militaires. Dans certaines régions, les bateaux civils sont menacés par la piraterie. Les câbliers, par exemple.

Les câbliers sont extrêmement vulnérables car ils sont reliés justement à leurs câbles et, en plus, ils naviguent souvent près des côtes, comme dans le Golfe de Guinée ou sur la côte somalienne. Les thoniers dans l'Océan indien, près des Seychelles, sont également régulièrement menacés.

De quelle manière procèdent les pirates ?

Ils ont pour particularité récurrente de partir avec très peu de carburant.

Ce qui rend impératif pour eux de prendre possession d'un bateau.

Les fusiliers embarqués sont souvent amenés à intervenir ?

La dissuasion, par leur présence à bord, est souvent suffisante. En revanche, en cas de contact, les échanges sont assez sévères, du fait justement de la détermination des pirates.

Pourquoi êtes-vous amenés à intervenir à Papeete et Djibouti ?

À Papeete, nous assurons la protection de l'aéroport militaire. À Djibouti, nous protégeons les bateaux français en escale. Notre présence doit dissuader les terroristes de lancer des attaques asymétriques. C'est-à-dire des attaques d'un petit hors-bord sur un gros navire. Pour éviter ce qui s'est passé avec l'USS Cole, le destroyer de l'US Navy victime d'une attaque à l'embarcation piégée à Aden le 12 octobre 2000.

Et sur la base de Toulon ? Quelle est votre fonction ?

La surveillance permanente, terrestre et maritime, des installations. Nous disposons d'une flotte d'embarcations de Drome opérationnelle de protection. Il y en a deux en permanence sur l'eau. Elles veillent à ce qu'aucun bateau ne pénètre la zone interdite.

Les fusiliers embarqués sont-ils armés ?

Bien sûr. Avec des fusils à pompe, Famas ou pistolets mitrailleurs HK. Et l'embarcation est dotée d'une mitrailleuse A52. Les fusiliers marins sont les combattants de la mer.

Propos recueillis Par Didier ZAÏTOUN

dzaitoun@varmatin.com