Zoom sur les gendarmes des transports aériens de Nice

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Photo Richard Ray Nice Matin

Gendarmes et spécialistes de l'aéronautique, les militaires
de la gendarmerie des transports aériens de Nice viennent de fêter leurs
soixante ans. Reportage au coeur de leurs missions.


Et
soudain, Emos s'assied au pied d'un chariot à bagages. Cela signifie à
coup sûr que ce berger malinois de quatre ans vient de trouver un pain
d'explosif au milieu de bagages. Heureusement, ce n'est qu'un exercice. «Nous
faisons passer tous les jours un chien de recherches d' explosifs dans
les salles de tri bagages, même parfois plusieurs fois par jour
»,
précise l'adjudante Atlantis L., chef des unités cynophiles de la
gendarmerie des transports aériens de l'aéroport de Nice (GTA) qui a en
charge la sécurité et la sûreté sur les pistes et dans la zone tri
bagages du deuxième aéroport de France.

La sûreté, mission fondamentale

La
recherche d'explosifs n'est qu'une facette de la sûreté aérienne,
devenue depuis les attentats du 11 septembre 2001 « la » mission
fondamentale de cette unité spécialisée. Formation très méconnue, elle
fête pourtant ses 60 ans cette année ! À Nice, elle existait déjà en
1950. C'est déjà elle qui a conduit en 1952 l'enquête sur le crash peu
après son décollage d'un quadrimoteur Languedoc assurant la liaison
Nice-Paris, une catastrophe ayant fait 38 morts dont plusieurs danseuses
célèbres. «Les enquêtes judiciaires sur les crashs aériens font
partie de nos missions, nous constatons tous les accidents impliquant
des aéronefs à moteur, du drone au gros porteur en passant par l'ULM
ainsi que les planeurs
», précise le chef d'escadron Jean-Pierre
Labourdenne Saint-Julia, qui commande la compagnie de Nice depuis 2011,
l'une des plus grosses unités de France avec comme territoire les
Alpes-Maritimes, le Var et la Corse.

Arrivés par la mer valises à la main !

Bien
que spécialistes de l'aéronautique, ces militaires n'en sont pas moins
gendarmes à part entière avec des missions de police administrative, de
surveillance, de recueil du renseignement, de protection et d'escortrs
de convois officiels notamment lors des sommets, comme pour les Jeux de
la Francophonie en ce moment. Ils sont aussi officiers de police
judiciaire, chargés également des enquêtes comme les vols dans les
bagages. «Ca reste heureusement très marginal à Nice, 189 plaintes en 2012 pour presque 12 millions de passagers c'est vous dire»,constate le commandant Labourdenne Saint Julia.

Au
quotidien, les gendarmes de la brigade de Nice et du Peloton de
surveillance et d'intervention (PSIG) doivent veiller sur un domaine de
376 hectares de pistes, et de parkings dont celui des jets privés qui
peut accueillir jusqu'à 70 appareils, dont des gros-porteurs, comme le
Boeing 747 de la famille royale d'Arabie Saoudite, visible en ce moment
depuis la promenade des Anglais. Pour veiller sur ce territoire très
vaste auquel il faut ajouter une bande de 300 mètres en mer interdite
aux bateaux comme aux nageurs et plongeurs, les gendarmes peuvent
compter sur la précieuse aide de caméras, mais aussi de tous les gens
qui travaillent sur la plateforme. Les intrusions par la mer sont
rarissimes et immédiatement repérées. Comme ce sanglier arrivé par le
fleuve Var et qui a bloqué le trafic en févier 2 006 ! L'adjudant Fauré
se rappelle aussi de cette richissime famille suisse qui était en retard
et qui a débarqué avec ses valises sur les pistes en annexe depuis un
yacht ! Ils ont été interpellés, verbalisés et ont raté leur avion !

Par Didier CHALUMEAU